55 €. Le prix possible pour rapatrier 1 To de vos propres fichiers depuis Google Drive. Vendredi, les députés ont adopté un amendement : 5,5 centimes de taxe par gigaoctet reçu en France (vote et taux à confirmer). Payer pour reprendre ce qui est à vous.
La mesure tient en une ligne.
Un prélèvement sur la donnée reçue. Sur le simple fait de transmettre. Il serait facturé aux plateformes américaines.
Ce n’est pas encore une loi définitive. Son adoption en dit déjà long sur la manière dont nous sommes gouvernés.
Ce que je dois encore vérifier sur le texte : le stade exact de la procédure. Qui est redevable. S’il existe des seuils ou des exemptions. Si les plateformes européennes sont concernées. Si le rapatriement de fichiers depuis Google Drive entre dans le champ.
Les montants qui suivent supposent une répercussion totale sur l’utilisateur. Aucune source ne l’établit à ce stade. C’est un risque, pas un fait. Ma lecture : les plateformes redescendront la facture.
Voici l’addition.
Un film Netflix de 2 heures en 4K : jusqu’à 0,77 €.
Un jeu vidéo de 150 Go : 8,25 €.
200 Go de photos personnelles stockées chez Google : 11 €.
1 To de vos propres fichiers rapatriés depuis Google Drive : 55 €.
Et le jour où tout lâche. Une panne informatique. 2 To de sauvegardes à restaurer. 110 €.
Votre serveur est tombé. Votre activité est à l’arrêt. Et vos propres sauvegardes passent au péage.
Cette erreur, je la connais.
Mon entreprise d’agencement a externalisé sa production. Je croyais garder le savoir-faire.
L’Europe fait la même chose. Elle a confié ses données aux plateformes américaines en croyant garder la maîtrise.
Même erreur, autre échelle.
Dépendre des autres était déjà une erreur. Payer pour reprendre ce qui nous appartient la rend grotesque.
Le meilleur reste à venir. La mesure est présentée comme écologique.
Elle encouragerait à réduire les volumes de données échangées.
Donc moins de films. Moins de photos. Moins de sauvegardes. Après la panne, restaurez avec modération.
Tous les pays doivent accélérer leur transformation numérique à l’aube de la révolution de l’IA. La France a trouvé sa réponse : taxer ce qui la fait circuler.
Quelle bande de guignols.
Si l’Europe avait eu le même comportement avec l’automobile qu’elle a avec l’IA, nous serions toujours en voitures à cheval.
Avec, sans doute, une taxe sur le crottin.
Un pays ne retrouve pas sa prospérité en multipliant indéfiniment les prélèvements sur les activités productives. Un prélèvement de plus reste un prélèvement de plus.
Pendant ce temps, d’autres construisent.
Le CME Group et la société Silicon Data ont annoncé en mai 2026 le premier marché de contrats à terme sur la puissance de calcul.
Eux organisent le marché du calcul.
L’Europe avait une autre voie. Une opportunité historique sur l’open source, à l’image du plan Messmer. 1974, réponse au choc pétrolier.
Face à un choc, un plan.
Nous aurions pu viser un plan Messmer de l’open source.
La France invente un péage sur la data.
Il n’y a plus qu’à espérer que Starlink ne réponde pas à l’appel des censeurs et s’attire du même coup beaucoup de clients français.
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